Je m’étais donc un peu égaré au début de ce billet (pour ceux qui ne l’ont pas déjà fait, il faut lire en premier celui du dessous), tâchons de redevenir froidement clinique et descriptif.
La présentation avait lieu dans le moche salon d’un moche hôtel de banlieue moche, où les commerciaux recevaient, semblent-ils, plusieurs éditeurs tout au long de la journée, éditeurs venus leur présenter les nouveautés de la rentrée, chacun disposant d’un temps imparti (assez faible d’ailleurs.)
Le mien d’éditeur avait donc décidé de me présenter à la force de vente, afin qu’ils mettent un visage sur ce premier roman, et même qu’ils le lisent (pas le visage); à cet effet, il avait préparé une vingtaine d’exemplaires de mon roman, couverture cartonnée blanche, qu’il me montra juste avant que nous entrions dans la salle.
Wouaw…
Ça fait bizarre, je vous jure.
C’est à cet instant que j’ai réalisé que ce livre allait exister, se retrouver dans des librairies, chez des gens aussi peut-être (au moins ma famille j’espère…)
Wouaw…
Ensuite la porte s’est ouverte, les éditeurs précédents sont sortis et nous sommes entrés.
Il me faut vous avouer que je ne sais pas me vendre, ce qui vaut également pour mon travail. Et puis j’ai du mal à y croire, je vois cela de l’extérieur. Les représentants ne sont pas dupes, ils savent qu’on va leur servir les boniments habituels, auxquels ils font semblant de croire tout en réfléchissant au remplissage de leurs objectifs, la librairie Machin va bien m’en prendre 5, l’Espace Culturel Truc n’en voudra pas parce que c’est un premier roman, donc il faudra que j’en mette plus chez Bidule…
Ils semblaient quand même contents d’avoir le livre en main, et curieux en attendant ma prise de parole, une curiosité bienveillante.
J’ai été plutôt décousu mais sincère, j’ai essayé de parler de l’histoire, me suis embrouillé leur ai dit que je ne savais pas parler de moi, ai tenté un ou deux traits d’esprit et me suis finalement tourné vers mon éditeur en lui demandant si j’avais été bien.
-Non.
-Bien ce qui me semblait…
Du coup l’atmosphère déjà détendue est devenue presque amicale, certains m’ont posé des questions et hop! il a fallu repartir, pas le temps de traîner, je n’étais pas le seul bouquin à présenter, retour dans le couloir.

Plus tard, en débriefant avec mon éditeur, j’ai appris que le premier feedback était bon. « Et puis regarde Modiano, il ne sait pas parler, et ça ne l’empêche pas de vendre ! »…

Photo : Dorothy-Shoes – www.dorothy-shoes.com

  7 Responses to “R1 à St Germain, épisode 4 : les commerciaux (2)”

  1. Elle est mieux la nouvelle présentation du blog c’est plus lisible.

    Bon sinon t’inquiètes pas pour ta prestation chez ces mecs. De toute façon ils t’auront oublié dix minutes après. Pour qu’ils se souviennent de toi, t’aurais eu intérêt à grimper sur la table et à entamer une danse du ventre – ou une imitation de Jar Jar Bings.
    C’est une initiation politico-mondaine visant à asseoir toute la puissance de la maison d’édition dont ton entreprise de distrib/diffusion est la filiale (CDE SODIS ?)… Rien d’autre. Même s’ils se la pètent à fond et que t’étais intimidé, rappelle-toi que c’est toi (et ton éditeur) qui es LEUR CLIENT. T’as rien à leur prouver. Je trouve ce genre de mythologie mondaine complètement assommante, mais ainsi va la vie.

    • A une époque c’est moi qui tenais le discours du super-ça-coco-tu-m’en-mets-1000-en-place-et-nous-on-met-le-paquet-en-pub pour que les représentants EMI ou Universal fourguent en rayons du Pagny ou du Roméo & Juliette (« nous on fait l’amour on vit la vie jour après jour nuit après nuit à quoi ça sert d’être sur la terre si c’est pour faire nos fiers… »)
      Autant te dire que je n’étais pas intimidé une seconde et qu’effectivement, connaissant les mécanismes du truc, j’avais bien pensé à une petite mise en scène bien frappante… Mais dans ce cas il faut être sûr de son coup, sinon c’est vite contre-productif…
      Et toi, tu sors quand en librairie?

  2. Ah pardon je ne savais pas que tu avais travaillé dans la musique.
    Moi en librairie c’est déjà fait.

  3. Euh ben non désolé mais comme je veux garder le total anonymat de Stoni, toi qui es auteur, tu serais bien la dernière personne à qui je confierais mon blaze d’auteur.
    Je sais je suis parano et chiant, mais j’ai envie de pouvoir continuer à bloguer tranquillou. Enfin t’as le blog de Stoni pour compenser.

  4. Moi je respecte pas. Stoni, t’as toujours été un sale con.

 Leave a Reply

(required)

(required)

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

   
© 2010 Erwan Larher. Reproduction interdite sans autorisation merci. Suffusion theme by Sayontan Sinha