Je misais sur deux.
Cinq, me disais-je, ce serait vraiment bien. Un succès. La légitimation par le chiffre d’un réveil aussi matinal.
Finalement, j’ai vendu dix-sept exemplaires de « Qu’avez-vous fait de moi ? » à La Forêt des Livres, soit certainement plus que n’en a commandé en cumulé l’Agitateur Culturel.
Quelle a été la part de la veste que j’étrennais ce jour-là – puisque définitivement elle ne servira pas pour mon mariage (ce qui était sa vocation initiale (pour la mairie)) – dans ma réussite ? Énorme je pense, me confirmant dans la certitude que dans une manifestation littéraire, plus vous vous accoutrez singulièrement, plus on vous prend pour un écrivain (alors que vêtu de la sorte à l’Epsom Derby Day, on m’eût pris pour un lad…).
La veste donc, je ne vois pas d’autre explication, car je ne crois pas avoir bénéficié de l’effet d’aspiration de mon voisin de stand :

Yves et Chucky étaient là tous les deux !

Le public d’Yves (eh oui, on est à tu et à toi tous les deux désormais…) s’est en effet dans l’ensemble assez peu intéressé à moi, sauf pour me demander de me décaler un peu, de me pousser, bref de sortir du cadre, ou alors de faire transiter jusqu’à l’Admiré le support pour l’autographe – remarquable disponibilité de l’Élu, jamais chiche en imitations sollicitées, souriant toujours, dis-po-ni-ble en un mot, un exemple pour tous les wannabe famous.
J’aurais pu davantage espérer recueillir des miettes d’intérêt de la part des inconditionnels de mes voisins de droite, mais ni Marc Lévy ni Alain Mabanckou n’osèrent se montrer à Chanceaux-près-Loches ; si je fais déjà peur à ce point dès mon premier roman, ça promet…
Je peux légitimement, vous en conviendrez, espérer ne devoir ces ventes colossales à personne, seulement à la curiosité de quelques-uns, qu’ils soient ici remerciés pour leur confiance, je n’en reviens toujours pas, et pourvu que je n’en revienne jamais… Fut-ce l’émotion de la première fois qui déforma ma perception de la réalité ? ces dix-sept là me parurent beaux, avenants, souriants et intéressants, au contraire d’autres visiteurs avec lesquels je bavardai également mais que leur frilosité intellectuelle (leur ascendance écossaise ? ou auvergnate ? mais il faut se méfier quand on parle d’auvergnats de nos jours…) me rendit moins sympathiques.

Sinon, j’ai mangé assis à côté de Jean-Jacques Debout, PPDA m’a répondu quand je lui ai parlé (j’avais un message à lui transmettre (je ne peux pas en dire plus, c’était un message personnel)), PIEM se déplace avec difficulté mais le regard pétille en tabernacle !, Hélène Grémillon n’a pas enlevé ses lunettes de soleil quand je suis venu me présenter à elle (parce qu’on est potes, talentueux et à découvrir, de Cultura), Thibault de Montaigu a une tête antipathique (je dirais bien « à claques » mais c’est quand même un rejeton Gallimard, et il est journaliste, alors j’adore ce qu’il écrit, comme tout le monde…) et Francis Lalanne existe pour de vrai.
(Ici, vous trouverez le compte-rendu de Keisha, avec une vraie photo de moi dedans (ce qui prouve que je n’invente rien !))

Promis, dès que j’ai terminé le Jérôme Ferrari, bien parti pour entrer dans mon petit cercle de préférés, je me remets à parler de trucs intéressants.

  30 Responses to “R1 à St Germain, épisode 13 : la délocalisation sylvestre”

  1. 17 !
    Mazette.
    Ca doit en demander, de l’énergie, un score pareil.
    (perso, entre une présentatrice météo et Mezrahi qui gueule qu’on ne lui a pas apporté son verre d’eau, je ne me bats pas, je file discuter avec des gens bien^)
    Mes félicitations appuyées

    • Merci, ami.
      Ouais, j’étais un peu crevé à la fin de la journée mais en fait, comme je suis le roi des malins, j’avais mis devant ma pile de livres des photocopies des excellentes critiques déjà parues. Donc je n’avais pas à m’autopromouvoir, et les échanges humains y ont gagné en sérénité !
      Sinon, on s’est un peu loupés jeudi soir ; on se rattrape demain j’espère. (Bah oui, Keisha a décidé qu’on pouvait laisser des messages personnels alors…)

  2. Ah forestier, tu me rappelles ma jeunesse. Sauf que c’était plus 3 que 17, salopiot. (faut dire que je bossais sans veste de mariage)
    Petite différence de perception, je les trouvais sympathiques, les visiteurs qui daignaient bavarder quelques secondes sans acheter la chose sous leurs yeux. Au prix du livre ma brave dame et étant donné le gigantisme indécent de l’offre, la frilosité de la demande est plus légitime que jamais, et je trouve toujours humain, pour ne pas dire charitable, l’attitude qui consiste à échanger quelques mots à la place d’euros, avec comme message implicite: « je l’achète pas ton bouquin, bien sûr, mais rien de personnel, hein, et sans rancune, je te souhaite bonne suite, vieux! (ou: jeune) ». C’est plutôt ceux qui passaient à la va-vite, en jetant un oeil en biais mi-sévère mi-apeuré (comme s’ils risquaient d’être sauvagement dépecés s’ils commettaient l’erreur de s’arrêter deux secondes) qui me parurent un chouia trop frileux. Ce qui faisait pas mal de gens au final. :)

    • Tu sais, je ne mets pas les « LOL » dans le texte, ils sont implicites… Je me suis éclaté, franchement, à cette Forêt des Livres, et je garderai longtemps l’image de cette petite dame âgée aux cheveux blancs qui prenait des notes sur une enveloppe. Comme je l’abordais gentiment, elle se crut obligée de se justifier : elle n’avait pas d’argent pour acheter les livres mais notait ceux qu’elle emprunterait à la bibliothèque; elle espérait y trouver le mien… Oui, vraiment, une journée émotionnellement dense – je ne veux pas (re)devenir cynique, jamais !

      • Confidence pour confidence, j’avais bien senti tes pudiques LOL et je lollais aussi quelque part (mais maladroitement, soit). De cynisme nul soupçon!
        Mais… quoi?! tu abordes les vieilles dames?! (gentiment, ok, mais abordage quand même). Ah ah, c’était donc ça, ton secret…
        (lol envisageable)

        • Et demain soir, tu fais quoi enfoiré ?

          • Ah le félon, il sait que la culpabilité est mon point faible.
            Du coup, je me suis souvenu que… et me jetant sur mes mails, j’ai pu constater qu’en effet…
            Mea culpa, donc.

            Pour te répondre très sérieusement, demain 18 heures je pleure chez moi en relisant pour la centième fois l’emploi du temps pourri que m’aura délicatement remis le proviseur-adjoint le matin même (qu’aura-t-il fait de moi). Et dis-toi bien que je préférerais nettement me saoûler à ta santé, ce que j’aurais fait si j’habitais à moins de 400 kilomètres de Paname.
            Je ne sais pas si ça suffira à me faire pardonner ma tardive réponse (qui était implicite comme un lol), mais je m’engage à me saoûler chez moi demain 18 heures, spécialement en ton honneur. (et un peu aussi pour oublier mon nouvel emploi du temps).

  3. (Message personnel à secondflore : au lieu de rester à Paris assister à des batailles de daleks et de cybermen, il fallait être à Chanceaux, y’avait des gens sympa et même trois blogueuses!)
    Fin des messages personnels.
    Joli Compte rendu de cette journée ensoleillée. Le mien n’est pas encore prêt, mais j’ai des lectures urgentes.Voir plus bas.
    Un regret pourtant: je n’ai vu la fameuse veste que pliée, hélas. Mais je n’ai pas pris en photo Yves L, ni Francis L (pourtant bien coiffé/chapeauté), Hélène Grémillon a ôté ses lunettes quand je l’ai prise en photo (j’ai lu son roman, plutôt pas mal) et j’ai pris Santoro en photo juste parce qu’il est trobogosse (je n’irai pas jusqu’à lire son bouquin quand même) et Jean D’Ormesson parce que.
    Je regrette beaucoup l’absence de Mabanckou et moins celle de Marc L, car avec la foule qui l’aurait entouré, j’aurais évité de m’approcher à moins de dix mètres (donc dans ce qui était votre espace vital).
    Les lectures urgentes, oui.
    Un bon vieux Dickens de 1865 qui tient très bien la route et Qu’avez-vous fait de moi. Commencé hier soir. Page 50, un mort. Je m’amuse bien, j’ignore où tout ça va mener, bref, voilà une aventure comme je les aime. (remarquez, avec Dickens, c’est pareil)(j’espère que vous n’avez rien contre lui)
    J’ai lu sur ce site que vous serez présent à Tours à la Boite aux livres (bonne librairie). Seriez vous tourangeau? (un tourangeau, ça va, c’est quand il y en a plusieurs que…)(oui, ça change des auvergnats)

    • Ah c’est comme ça ? Des messages personnels à l’Illustre SecondFlore ? Je m’en offusquerais presque, dites-moi… Oui oui, je suis jaloux !
      Si vous avez des photos de dimanche, je suis preneur pour illustrer mes différents outils de communication ! (r1@erwanlarher.com) Et oui, finalement l’absence de ce bon vieux Marc (on sait pourquoi mais chut…) me fut sans doute bénéfique (de même que celle de 2nd Flore, qui eût capté mon potentiel lectorat féminin (sans parler de Marc Séfaris, dont la réputation a fait le tour de la blogosphère !))
      Concernant vos lectures en cours, je stresse un peu en attendant le verdict mais les zygomatiques qui frétillent, c’est déjà ça…
      Enfin, j’habite effectivement à Tours et si je ne suis pas auvergnat, je suis né à Clermont-Ferrand…

      • Les noms de vos estimés collègues ne commençant pas par L, leur présence n’aurait pas été gênante… En revanche, heureusement que Marc L était absent. Pour éviter tout problème, le mieux serait qu’il change de nom, vous ne croyez pas? Marc Zlévy, ce serait bien, non?
        Quant aux photos, elles sont encore dans l’appareil, oui, il va falloir que je ponde un billet, mais dans les jours prochains le devoir va m’appeler sur un autre front de lutte…
        Mais j’accepte volontiers de vous en envoyer. J’en ai une de vous (avec une moitié de Yves L , vous pourrez le supprimer sans états d’âme), et des vues d’ensembles du parc, mais j’ignore si c’est ce que vous voulez. Par contre, je ne pense pas que vous soyez preneur de photos de people?
        Côté lecture, j’en suis au tiers. Pas beaucoup de temps en ce moment!
        Bon, un auvergnat qui habite Tours, je vais être obligée d’en dire du bien.^_^

  4. (Message personnel à Keisha : 2nd Flore était très bien à Paris, entourée de tout son lectorat (et futur lectorat) féminin. Il y avait plus que trois blogueuses et tout le monde était très sympa. Non mais. ;-) )

    Merci r1 de m’avoir permis de m’exprimer.
    Et bravo pour ces 17 exemplaires ! :-)

    • Soyez la bienvenue, Caroline ! Même si vous introduisez un doute dans mon esprit quant au genre (mauvais, certes, mais…) de Second(e) Étage…

  5. (ah, mais je vois qu’ici aussi ça commence à faire salon ! ^)
    Keisha, Caroline, salutations
    (message codé – j’ai vaincu définitivement les Daleks, Keisha, désormais je lutte à mort contre la Procrastination (le combat s’engage mal)

    Et je confirme surtout que « Qu’avez-vous fait de moi? » commence bien !

  6. donc, comme outil promotionnel, lors des signatures, vous aviez oublié le chien.
    j’ai très envie de vous prêter le mien.

  7. Roman démarré lundi soir, terminé jeudi soir. Lu surtout en soirée, la journée étant consacrée à Dickens et à un boulot pour lequel je suis (pas assez, mais bon) payée.
    Bon, je fais monter la tension ou je donne mon avis tout de suite?
    Ah oui, au fait, Caroline est venue chez vous, ça fait salon, comme chez Assouline, c’est vraiment le début de la gloire. et vous avez raison, 2nd flore est un monsieur, à ce que j’ai pu voir l’année dernière, et il s’appelle Bertrand, c’est un signe.
    17 exemplaires vendus ce dimanche? Figurez vous que j’ai rencontré hier l’heureuse détentrice d’un des 17 exemplaires (qui vont bientôt devenir collector et se vendre à prix d’or je le sens) , elle bosse à la bibli de ma p’tite ville mais n’a pas encore commencé sa lecture. Elle m’a quand même confirmé que vous l’avez aussi fait rire (une lectrice qu’on fait rire est une lectrice conquise). Vous vous rendez compte? Deux lectrices à moins d’un km de distance l’une de l’autre? D’ici à ce qu’on monte un R1 fan’s club, y’ pas loin…
    Ah oui, mon avis? J’y viens.
    Quant à la photo, je vous l’envoie en pièce jointe, à l’adresse indiquée. Je m’en occupe ASAP
    Vous êtes toujours là? Ah oui, j’allais oublier, j’ai aimé votre roman…. Vous en doutiez? Je n’ai plus qu’à écrire mon billet pour le blog, vous ne voulez pas vous en charger? Merci!

    • Vous savez mettre le lecteur sur les nerfs, vous devriez écrire…
      Par contre, pour le fan club, il ne vaudrait mieux pas. Je me bats depuis des années contre un ego surdimensionné et un besoin d’être aimé hypertrophié, je vous serais reconnaissant de ne pas ruiner mes efforts… (Par contre, je veux bien monter un fan club 2nd flore !)

      …oui, j’en doutais…

      Merci à vous !

  8. Fini. Aimé. On en recause, je file jouer au foot
    (en vrai je suis biélorusse, mais chut, c’est un secret)

  9. Billet sur le roman courant de la semaine prochaine mais dès lundi je fais un compte rendu du week end et autres festivités champêtres dans le 37.

  10. A cause de la lenteur? Non, non, j’ai un passé d’ex-future marathonienne, donc je sais gérer les efforts, mais tranquillou, même pour le blog. De plus il faut savoir distiller les infos, faire monter la pression.
    Pourquoi doutiez-vous que j’allais aimer votre roman? Homme de peu de foi!

  11. Vous savez que je fais voyager votre livre (mauvais pour les sous et les chiffres de vente, mais bon pour la pub éventuellement) alors voilà tout beau tout frais l’avis de clara
    http://fibromaman.blogspot.com/2010/09/erwan-larher-quavez-vous-fait-de-moi.html

    • Oui, Clara et moi avons pris langue, je vous remercie. Et je suis heureux que le livre voyage en faisant des heureux, alors merci à vous, K. !

  12. Ne t’en fais pas Keisha, quand il viendra à Brest , les ventes vont s’envoler ( et quelques serre-têtes également mais bon) !

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