
London Calling
Vendredi dernier, je me suis levé à 06h00 du matin.
On est vraiment content, n’est-ce pas ?, de lire sur un blog : « Vendredi, je me suis levé à 06h00 du matin ».
Mais n’adulez-vous pas le génie de celui qui, longtemps, se leva de bonne heure ? Alors on attend un peu avant de ronchonner. Cette introduction, aussi banale qu’elle paraisse, annonce peut-être un génie en gestation.
Vendredi dernier, donc, je me suis levé à 06h00 du matin.
(Vous comprenez que ce n’est pas une habitude ; donc situation exceptionnelle, donc suspense. (Mais peut-être eût-il mieux valu que je commence ainsi : « Je dors volontiers jusqu’à midi. Mais vendredi matin pourtant, mon réveil sonna à 06h00. »))
Oui, c’est bien, ça. C’est mieux.
Je dors volontiers jusqu’à midi. Vendredi matin pourtant, mon réveil sonna à 06h00.
En effet, je devais aller à… Non.
Bah non !
Je ne peux pas dévoiler immédiatement le « pourquoi » d’un éveil aussi matutinal (c’est pas un mot snob, ça, alors qu’il suffit d’écrire « matinal » ?) Il faut que je fasse monter l’intrigue.
Je dors volontiers jusqu’à midi. Vendredi matin pourtant, mon réveil sonna à 06h00. Je me suis levé j’ai pressé des oranges j’ai mangé un yaourt bio 0% je me suis lavé puis habillé j’ai sauté sur mon vélo pour aller à la gare choper le 08h06 en effet je devais aller à Paris pour…
…pour faire un truc étrange à vrai dire.
Quelque chose que je n’avais jamais fait.
Une pratique au nom barbare.
(Elle est bien montée, l’intrigue, non?)
Un service de presse.
Mon lectorat étant en grande partie composé d’auteurs flamboyants, dont la plupart n’ont pas eu le succès qu’ils méritaient, je ne devrais pas avoir à expliquer ce qu’est un « service de presse ».
Mais mon lectorat se compose également de ma mère, qu’il me faut bien tenir informée de mes aventures puisque je ne suis pas très téléphone.
Un service de presse, c’est une pile de bouquins – tous identiques, tous de moi – qui vont finir dans des enveloppes, qui elles-mêmes, dûment affranchies, emprunteront des parcours divers, principalement dans la capitale, pour arriver à des destinataires qui ne les attendent pas. Ces destinataires reçoivent des centaines et des centaines d’enveloppes de ce genre chaque année, qui toutes contiennent un ouvrage dont la survie dans le milieu concurrentiel du livre dépend en partie d’eux.
Parce qu’ils sont le 4ème pouvoir, et que les trois autres ne peuvent pas grand chose pour les romans.
Ces journalistes, puisque c’est d’eux dont il est question, devraient, s’ils voulaient être exhaustifs, lire 650 romans entre disons le 15 juin et le 15 novembre. Soit 130 romans par mois, soit entre 4 et 5 par jour.
Je crois avoir démontré que le critique littéraire devait faire des choix.
C’est le travail de l’attaché(e) de presse que de l’y aider, et ce n’est pas manquer de confiance en la mienne que de douter être sur le dessus de la pile de la table de chevet de Michel Crépu…
Mon lectorat béotien se demandera donc pourquoi diable j’ai dû me lever à 06h00 du matin, prendre le 08h06 pour Pari et easyrider jusqu’à chez mon éditeur. Me ferait-il coller les timbres ?
Non, maman, non. Pour un auteur (comme ton fils, oui, ne t’évanouis pas à chaque fois, ça fait désordre), faire le service de presse consiste à écrire un petit mot gentil dans le livre, pour que le journaliste qui le reçoit se sente honoré et flatté d’avoir un exemplaire personnalisé et dédicacé. Le 4ème pouvoir, comme les trois autres, n’aime pas qu’on oublie de lui manifester son allégeance.
Sauf que ReBo comme vous me connaissez (rebelle-bourgeois, nouveau concept pour désigner un mec qui vit dans 90m² avec terrasse en centre-ville MAIS qui a sa carte au Parti de Gauche et du coup bien bonne conscience, merci pour lui), vous aurez deviné que faire une dédicace à un journaliste inconnu, not my cup of tea, I do not eat this kind of bread, les compromis, très peu pour moi !
- Alors?
- Alors quoi?
- Ça finit comment?
- C’est tout, c’est fini.
- Mais tes dédicaces, là, tu les as faites?
…

Haha!
Go, R1, fight !
Avec le recul, je me dis qu’un petit « Salut. » (important, le point) aurait fait l’affaire.
Et pour le reste, comme un vrai ReBo je m’autocite :
http://secondflore.hautetfort.com/archive/2007/06/19/special-dedicaces.html
(PS – de toute façon, l’important, dans I fought ze law, c’est le deuxième vers)
Merci d’avoir mis ton lien pour ne jamais rater une occasion de montrer à la blogosphère entière que tu écris mieux que moi…
J’ai en fait gentiment refusé de dédicacer à la chaîne ; j’ai demandé à mon éditeur de choisir les importants et les essentiels, qui sont souvent, pour reprendre ta terminologie, des « entendus (ou lus)-quelque-part ». Sinon, j’avais deux-trois vagues connaissances datant de mon époque flamboyante dans l’industrie musicale et mes libraires préférés.
(bah bah bah…)
Si ton éditeur ne te bride pas, j’espère au moins que tu pourras te faire plaisir
Salutations à ta flamboyance, et à bientôt
T’as de la chance de pas avoir à te lever le matin…
Quoique.
En fait j’aime bien déjeuner avec ma moitié et puis aller au taf.
Quoi, c’est pas le matin midi ?…
« rebelle-bourgeois, nouveau concept pour désigner un mec qui vit dans 90m² avec terrasse en centre-ville MAIS qui a sa carte au Parti de Gauche et du coup bien bonne conscience, merci pour lui »
Mec, le PG ça tenfonce encore + dans la bourgeoisie.
j’écrirai perso :
rebelle-bourgeois, nouveau concept pour désigner un mec qui vit dans 90m² avec terrasse en centre-ville DONC qui a sa carte au Parti de Gauche et du coup bien bonne conscience, merci pour lui)
Tu confonds avec Europe-Écologie, Billy ! (Mais LOL quand même…)
Stoni je suis déçu que t’es pas réagi à ça !!!!
Évite les fautes de conjugaison s’il te plaît, c’est un blog littéraire ici !
(Mais c’est vrai, Stoni est bien fatigué…)
Bah, chuis pas fatigué, je m’en fous. Nuance.
Peut-être qu’un jour nos deux partis fusionneront, mais moi je n’en serai plus. Finalement, on se croisera pas.
Si l’on commence à souffleter Billy pour ses fautes de français, je vais me tenir aux aguets et t’allumer dès la prochaine faute, R1.
Hey, Stoni, t’as même perdu ton second degré? C’est parce ce que Braouezec a quitté le Potemkine? Détends-toi, camarade, j’m'en tappe dé fotes.
Ah non, peut-être me suis-je mal exprimé car j’étais stressé par le match, hier.
mais nan j’étais pas sérieux. ça empeche que je te tacle dès que tu fais une faute.
cest pas toi qui es stressé par toute la vérité qu’a dévoilée Billy sur le PG ??? lol
Nan, c’est par toute la vérité que j’ai découverte sur toi que je suis stressé, pas par le PG. Mais conformément à ton vœu, je ne dirai rien, j’irai plutôt acheter tes livres.
Et moi je suis plus inquiet après le match qu’avant. Je te résumerais bien ma pensée mais ils ont déjà tout écrit, et mieux que moi, ici.
Bah, tu t’en remettras (de ma vérité et du match)
Bon ben si j’ai bien compris il ne me reste plus qu’à aller acheter des costumes de sam-sam à la fnac en attendant de te découvrir par hasard, stoni…
C’est quoi un costume de sam-sam ???
Ahah … Eh bien on va dire moi que moi aussi j’aime bien avoir mes petits secrets (mais si tu google-ises « sam-sam », tu ne devrais pas avoir de mal à trouver, « plus petit des grands héros » !)
Moi non plus je ne savais pas qui était Sam Sam et j’interdis d’ailleurs qu’on parle de lui sur ce blog !
Censeur !
Eh, le génie en herbe, relis-moi au moins les premières lignes de tes classiques si tu veux me complaire -mais t’en à rien à secouer et tu as raison-,
toutefois ça t’éviterait la prochaine fois de présenter qui qui tu sais pour un matinal, déjà que j’ai horreur des matinaux, je l’aurais jamais lu -oui c’est juste pour glisser que je l’ai, lu…- si c’en avait été un….
Et dire que l’essentiel (la rediffusion spéciale avec les commentaires de Jean-Michel Larqué du match d’ouverture de la coupe du monde, la séance extraordinaire du Parti Radical de Gauche dans une sinistre succursale d’un gymnase désaffecté de Bourg-les-Tours, la préparation aux petits soins de la délectable crème au caramel beurre salé de Georges) se déroule justement le matin, entre 8h et midi !