(c) Delphine Nahon.

Des mois de boulot – écriture, relectures, doutes, corrections, réécritures -, des semaines d’attente et elle arrive enfin, cochée depuis longtemps, alanguie par la putain de trève des confiseurs, le moment que je déteste le plus dans l’année, la date de sortie.
En ce 5 janvier 2012, tout ressemble au 4 pourtant : les gens dans la rue, les klaxons, le ciel, les statuts Facebook. Le téléphone ne sonne pas plus que d’habitude, la messagerie électronique ne sature pas, aucune file d’attente devant les librairies. Je m’en doutais un peu, remarquez. J’avais l’expérience de Qu’avez-vous fait de moi ?, à la différence près que la sortie d’icelui avait été précédée d’un article élogieux dans Livre-Hebdo, et immédiatement suivie de mon premier salon, La forêt des livres.
Là, rien de spécial.
Ce n’est pas faute de m’agiter sur les réseaux sociaux, mettant en péril ma situation amoureuse (elle trouve que j’en fais trop (mais j’en ai toujours trop fait (avant, c’était même pire…))), risquant de perdre des amis, noyés sous trop d’annonces, lassés de ma temporaire monomanie mais merde !, comment un évènement aussi important pour moi peut-il laisser le monde aussi indifférent? Ne plus poser cette question, même ironiquement, c’est sans doute ce qu’ils appellent « grandir ». Mais en ai-je vraiment envie?

  6 Responses to “Petite chronique subjective d’un non-évènement”

  1. Je vous prie d’avoir l’élégance de me laisser le monopole de la dépression, s’il vous plaît.
    Vous avez toujours été impatient, je vous connais.
    Laissez votre livre s’ouvrir, laissez les mains s’y tenir, les esprits s’y coller.
    Vous prendrez du deroxat dans huit mois si rien, alors, n’a bougé.
    Mais il remue votre Autogenèse, soyez confiant, et,
    pour rappel de calendrier, nous ne sommes que début janvier.
    Ne doutez pas, du talent, vous en avez.

    • Qui vous eût cru capable de sagesse ?… Ah, les cordonniers et leurs piètres chausses ! Merci de votre passage, amie chère, de votre belle confiance et de votre regard bienveillant.

  2. Le Champagne brut nature de Drappier (en haut à droite, entre les coupes) est un assez bon effervescent (parce que sans dosage de sucre) mais il demande effectivement un peu de temps à se faire… (une ou deux années de cave, en général)… bonne littéraire rentrée !

    • Votre « effectivement » de la ligne 2 est, si je puis me permettre, superfétatoire. J’ai beaucoup aimé ce Brut Nature, mais encore plus le geste inattendu et so elegant de mon ami Florian. La classe, on l’a ou pas, je suis bien placé pour, à mon grand regret, le savoir.

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