Second tour.
Il n'est plus question de droite, de gauche, de partis ou d'appareils.
Il n'est plus question d'alliances à la papa, d'appels du pied, de clins d'œil.
Soyons clairs : aucun candidat ne nous fait rêver. Mais on sait que l'un, Sarkozy, recherche une légitimation démocratique à la loi de la jungle quand l'autre prône… heu… on ne sait pas trop ce que défend Ségolène Royal, mais on peut croire (espérer ?) que sa présidence laisserait plus d'espaces de liberté pour que nous, citoyens, démocrates, humanistes, puissions (enfin?) essayer d'adoucir le fonctionnement de notre organisation socio-économique.
Que M. Sarkozy soit élu président et adviendra ce contre quoi les "forces de gauche" se battent, plus ou moins maladroitement, depuis la Révolution sinon Française du moins Industrielle : la victoire de l'intérêt individuel sur le collectif. Car ne nous y trompons pas, la droite s'est droitisée, et la France de M. Sarkozy ne sera pas celle, déjà pas brillante du point de vue du "vivre ensemble", de M. Chirac.
Nous avons le devoir de faire que cette campagne du second tour ne soit pas rase.
Nous avons le devoir de proposer à Ségolène Royal des idées, et elle a le devoir désormais d'ajuster son programme. Ce dernier a recueilli 25% des voix. Pour arriver à 50,1%, diaboliser Nicolas Sarkozy ne suffira pas. Tendre la main à ceux qui veulent « un vrai changement », « une autre société », ou je ne sais quelles formules électoralistes ne suffira pas.
Il faut se demander pourquoi François Bayrou a fait un score aussi haut et, ceci fait, choisir sans vergogne les meilleures dans les propositions de l'UDF, avec ou sans son consentement.
Comment, quand on est candidate du PS, choisit-on les meilleures propositions dans le programme d'un adversaire centriste (sans oublier les problèmes que soulève sans relâche la gauche de la gauche) ? C'est simple : ce sont celles qui mettent l'humain au centre ces préoccupations, par-delà les rhétoriques partisanes, les références poussiéreuses, les dogmes rouillés et les ambitions individuelles.
Ségolène, ne campez pas sur votre programme, ne nous noyez pas sous vos belles paroles, détendez-vous et osez enfin aller voir au-delà des barrissements de vos camarades ce que veulent vraiment les 26% qui vous manquent pour « une France présidente ». Parce que franchement, la loi du plus fort, nous n'en voulons pas. Le cynisme de Jean-françois Copé, nous n'en voulons pas. L'agressivité de Xavier Bertrand, nous n'en voulons pas. Les faux-fuyants de Philippe Douste-Blazy, nous n'en voulons pas. L'arrogance d'Alain Juppé, nous n'en voulons pas. L'affairisme de Balkany, nous n'en voulons pas. Bref, la France de Nicolas Sarkozy, et qu'importe qu'il soit sympathique ou non, ce n'est pas le concours du meilleur copain, nous n'en voulons pas.
Madame Royal, vous avez une chance historique, ne la laissez pas passer.

Vos traces de pas
r1 sur Ca se passe bien ?
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