Il me semble que Ségolène Royal aurait pu dire n’importe quoi, elle aurait perdu cette élection. Parce qu’elle est une femme, et que la France n’est pas prête.
Parce qu’en ces temps d’insécurité, il nous faut du sévèrement burné, du dissuasif, du porte-avion nucléaire et du contrôle aux frontières, de l’empreinte génétique et de la vidéo surveillance. Les morues, rentrez aux abris, ne regarde pas ma soeur, ne parle pas mal de ma mère, et ne parle plus du tout de ma femme, demandez aux journalistes du JDD ce qu’ils en pensent…
Mais pourquoi l’insécurité revient-elle aussi fort dans les discours des ultra libéraux partout dans le monde ? Nul ne peut croire en effet que c’est un hasard. Et nul ne peut manquer de constater le parallèle entre l’orientation que prend notre monde et le modèle mafieux, celui qui créé l’insécurité pour mieux proposer sa « protection », protection qui a un coût, comme de bien entendu…

Ouais, le grand come-back de François Capella, Roch Siffredi est dans la place, la rayure revient en force sur les alpagas – Malko Linge ne doit pas être bien loin non plus, sans doute au bar de la piscine avec Bernard Tapie, l’oeil humide d’amitié (à moins que ce ne soit de se l’être trop rincé.)

Ouais, la France des petits arrangements, des carrés VIP, des vacances sur un yacht qui ne choquent personne car tout le monde voudrait les mêmes, et qu’importe qui régale, la fin justifie les moyens (Camus n’oubliait jamais d’ajouter : « …cela est possible, mais qu’est-ce qui justifie la fin ? » Tu nous manques, Albert…)

Au grand jour, et comme toute parole équivaut aujourd’hui à n’importe quelle autre, ceux qui dénoncent ce système mafieux sont aussi audibles, ou inaudibles, que ceux qui le légitiment sous couvert de « parler vrai » ou de volonté de « se décomplexer ».

Le libéralisme a gagné contre l’humanisme en inoculant progressivement dans nos inconscients l’idée que la loi du plus fort est « naturelle » ; l’ultra libéralisme va gagner parce qu’il nous amène à accepter consciemment comme une fatalité les inégalités et la guerre perpétuelle qui découlent de cet ordre du monde devenu irréfragable.

Les costards croisés et leurs cortèges d’indics et de balances peuvent sortir des caves et des arrière-salles : Pasqua et Mariani ont gagné, vive les Hauts-de-Seine, vive Devedjian, meurent la République et la France…

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