C’est un billet sur le site de Wrath qui m’a donné l’idée de mettre sur mes fort bien fréquentés rivages binaires quelques vers de mon cru.
Mais auparavant, une petite introduction, afin de vous replacer dans le contexte.
« L’apparition de l’acné juvénile eut sur mon métabolisme des conséquences insoupçonnées, en particulier le besoin irrépressible d’écrire de la poésie. J’aurai la décence de ne pas reproduire ici mes premières tentatives de rimailleur, celles couvrant, sans lien de cause à effet, l’intervalle entre l’Euro 1984, qui vit le triomphe de la bande à Platini, et celui de 1988, zénith footballistique du buteur batave Marco Van Basten. Ensuite, pendant trois ans, j’écrivis sans relâche des poèmes exutoires à des amours décevantes et/ou complexes, comme il est de rigueur de les vivre à cet âge-là. Chaque ignition de mon cœur en brindilles devenait pré-texte. En 1992, à l’âge de vingt et un ans, ma production poétique cesse brusquement. Je laisse aux exégètes et psychanalystes le soin de trouver des explications… Les pièces qui suivent sont donc à prendre avec indulgence pour ce qu’ils sont : des œuvres de jeunesse. »
Charlotte se dévêt dans ses contrées lointaines
Mouroirs insensibles à mon corps défendant
L’observance du silence rituel cependant
Que d’ennui m’agonit l’impassible incertaine.
Déjetant la blancheur du mur interminable
L’extérieur captieux esquisse un vain murmure;
Charlotte s’endort sur le lit défait, adorable,
Aux formes céruléennes que le désir épure.
Leurs sourires déhanchés ombragent son visage
Qu’ils effleurèrent jadis, haïs rivaux fanés,
Gravant l’insupportable trace de leur passage
Dans mon inexistence, cette absence ignorée.
Charlotte s’éveille dans les draps matinaux, instable
Aux détours apaisés que la tendresse rassure.
Ici, nûment mêlées, nos chairs inaltérables
Abcèdent inconsciemment mes trahisons futures.

Peut-être un poil trop écrit, trop soutenu?
(voilà, c’était la réflexion d’un garçon qui ne poétise jamais et qui ne s’est pas réveillé en compagnie de Charlotte, ceci expliquant peut-être cela)
Tu m’étonnes…
J’admirais beaucoup Mallarmé à l’époque (j’avais 18 ans, rappelons-le !)…
D’ailleurs, pour tout vous avouer cher Marco, cette Charlotte n’a jamais existé.
Finalement, je ne sais pas si c’est une bonne idée de balancer des écrits boutonneux sur mon blog… Mais bon, pour rendre grâce à la peine que vous avez prise de commenter, j’en mets un autre !