Alors là, je ne sais pas trop, je suis un peu perdu.
C’est que j’ai peut-être l’air, comme ça, d’un analytique mais en fait point du tout, tout est très mal rangé dans mon cerveau, y traînent des bouts d’idées, de théories, les principes sont rangés avec les désirs, une brocante certes plus bobo qu’Emmaüs, études supérieures obligent, mais le foutoir quand même.
Alors je ne sais pas trop, je suis un peu perdu.
Parce qu’il serait faux d’affirmer que je n’ai pas pris de plaisir à la lecture de Paris-Brest. Pourtant, comme avec L’absolue perfection du crime d’ailleurs, je suis un tantinet resté sur ma faim. J’ai apprécié le style, ses finesses et subtilités, le foisonnement d’idées narratives, l’humour discret mais certain, très à froid, la capacité de Tanguy Viel à s’effacer derrière son narrateur, à ne pas en rajouter, à ne pas faire le malin en quelque sorte.
Mais l’ouvrage ressemble trop à de la littérature littéraire, je ne sais si vous comprenez ce que je veux dire. C’est trop parnassien, voilà, un peu comme du Ginola en football si vous voulez, capable de faire lever les foules sur des gestes de grande classe mais finalement assez peu utile au collectif (les fans du PSG peuvent remplacer le flamboyant David par Abédi Pelé.) En football, on parle parfois de « bons 0-0″. Paris-Brest m’a fait cette impression, très belle rencontre, des occasions de but mais j’aurais quand même aimé voir trembler les filets, vibrer, être bousculé, dérangé, bondir le coeur en suspens avant de fébrile tourner la page.
Bon, pour remettre cet avis dans son contexte, il me faut bien avouer que je préfère de loin Z à Kill Bill…
Par contre, je suis au regret d’avouer que je me suis mortellement ennuyé à la lecture du Technosmose de Mathieu Terence. Au regret, oui, car le garçon manie la plume de fort belle manière et offre quelques trouvailles syntaxiques du plus jouissif effet. Malheureusement, il abuse parfois de ce talent et, à la différence de Tanguy Viel, on voit parfois l’écrivain jubiler au détour d’une phrase brillante, « vous l’avez lue celle-là? Pas mal, hein? »
Et quand la 4ème de couverture annonce que « l’auteur nous offre une réflexion saisissante à propos de l’emprise technique sur le monde et de ce qui est seul en mesure de s’y opposer : l’art et l’amour », on est en droit de s’attendre à autre chose que le longuet déroulement de deux histoires dont Buzzati aurait fait une nouvelle là oui pour le coup certainement saisissante. Car sur 236 pages, les personnages principaux doivent avoir un peu plus d’épaisseur, de nuances, d’aspérités, de tripes pour tout dire alors qu’ils ressemblent à de pures créations intellectuelles avec lesquelles jamais jamais on ne se sent en empathie, ni en sympathie, ni en détestation d’ailleurs.
Bon, pour remettre cet avis dans son contexte, il me faut bien avouer que je préfère de loin Affreux, sales et méchants à Stromboli…

Vos traces de pas