Je folâtre depuis quelques temps sur Wrath, le blog bien connu de Lise-Marie Jaillant, une jeune femme qui écrit de petits billets acerbes sur le monde de l'édition. Et hier, je suis tombé à propos d'icelle sur un billet pour le moins mordant de Juan Asensio, sur son blog Stalker.

Je comprends la colère et le mépris affichés par Asensio : les écrits de Lise-Marie Jaillant n'ont aucun intérêt, ses billets sont le plus souvent inintéressants, bâclés, gratuitement polémiques et ses interviews d'auteurs frisent le ridicule.
Mais son blog n'est rien d'autre que le défouloir de ses frustrations d'auteur qui s'estime injustement méconnu, nul besoin de l'agonir comme vous le faites, Juan !
Car il me semble que la plupart de ceux qui fréquentent Wrath savent à quoi s'en tenir ; ils sont juste contents de se retrouver là de temps en temps pour échanger, un peu comme on va refaire le monde au PMU du coin, pourtant pas très trendy, éclairé au néon, et dont le patron râle en permanence. Mais on se fout du décor et du taulier car on papote en bonne compagnie – le koala, Lo Russo, Stalker, donc, et quelques autres. Personnellement, j'ai découvert dans le rade grincheux de Wrath des gens fins, drôles, engagés, dont j'aime lire les commentaires et auxquels j'aime répondre. Que l'aubergiste bougonne dans son coin en essayant de temps à autre de prosélyter son ressentiment bilieux m'importe guère; et même tant mieux si elle se nourrit des proses parfois brillantes qui parcourent les lieux.

L'unique qualité de Wrath, c'est sa fréquentation.

L'unique mérite de Mlle Jaillant, c'est de laisser la porte ouverte.

PS : par ailleurs, je nourris pour l'exigence, le savoir, le style, l'idéalisme et la pertinence de Juan Asensio la plus vive admiration.

  7 Responses to “Du blog au bug”

  1. Bonjour Warren, bonjour Stalker (s’il est encore là…),

    J’ai également lu le billet de Wrath et la réplique cinglante du Stalker, auquel par ailleurs – et ça n’a évidemment aucun rapport – je n’ose avouer que j’ai fort mal digéré « la plage de Scheveningen » de Gadenne, que j’ai cependant lu sur ses recommandations éclairées. Bref – encore une fois c’est complètement hors sujet.
    La tenancière qui rote et qui pète au fond de son bouge improbable, oui, c’est tout à fait ça. Mais je ne crois pas non plus que les éructations de Wrath soient si radicalement dépourvues de sens. Après tout, certaines des problématiques qu’elle a pu soulever de-ci de-là ont également été évoquées, avec plus de mesure, par Jourde qui lui aussi s’interroge (parfois) sur les ratés de l’édition. D’un certain point de vue, l’attitude de Wrath elle-même et les travers qu’elle dénonce illustrent un même mouvement: la médiocrité progresse. Chez les lecteurs, chez les écrivaillons non-publiés dont je suis, chez les auteurs me semble-t-il, et chez les éditeurs: bref sur tous les fronts (sans même parler de l’école, où l’on s’apprête donc à « flinguer » l’histoire en terminale S…). N’ayant qu’une piètre connaissance de ces milieux, je ne peux que résumer grossièrement ce qui reste fondamentalement une impression: dans le temple des maisons d’édition, les marchands ont fini par chasser les artistes et les mécènes. C’est un vrai sujet – si ça reste par ailleurs une hypothèse – et il y a peu d’endroits sur le web pour écanger des impressions, voire des convictions vitupérantes sur le sujet. Dommage.
    Bonne journée à vous.

  2. Bonjour.
    Merci pour cette évocation de Stalker.
    Au contraire : j’ai toutes les raisons d’agonir Lise-Marie Jaillant, pour une raison que je n’ai pas même évoquée dans ma note.
    Faire, comme elle le fait, lamentablement, sans l’ombre d’une preuve, le procès pitoyable à Dantec de n’avoir pas écrit seul ses bouquins, c’est aussi moquer tout mon travail critique sur cet auteur, dont je ne suis pourtant et n’ai jamais été un apôtre, encore moins un de ces fans mononeuronaux.
    Je veux bien que l’on s’y amuse ou plutôt bavarde, chez cette mégère qui pète et rote entre deux plats de lentilles peu ragoûtants, mais enfin, vous essaieriez de me convaincre quant à l’utilité de l’existence de pareille ratée durant mille éons que vous n’y parviendriez pas.
    Je l’ai dit et écrit : si encore il y avait quelque talent sous la plume de cette clownesse, quelque talent qui nous ferait penser, à bon droit, que les éditeurs, tous les éditeurs de la galaxie, ont eu lamentablement tort de refuser ses textes.
    Mais ce n’est pas le cas et, à chaque nouvelle note mise en ligne par cette ratée qui se contente de nous servir des restes putréfiés en guise de plat principal (et d’entrée, et de dessert), nous nommes un peu plus rassurés sur un fait pourtant visible comme la muraille de Chine depuis la Station spatiale : l’absolue nullité intellectuelle de Wrath.
    Cordialement.

  3. Juan,
    Loin de moi l’idée saugrenue de vouloir vous convaincre… Nous sommes je pense d’accord : est nécessaire ce qui ne peut pas ne pas être, et l’adjectif ne sied guère ni à Wrath ni à LMJ. Et je ne crois pas que quiconque ayant lu son billet sur Dantec l’ait pris au sérieux, à part effectivement les quelques nombrils crasseux que cela conforte dans leur certitude que le monde de l’édition est injuste d’ignorer leur autoproclamé talent.
    Je voulais simplement, et vous l’avez compris, faire le distinguo entre le blog et sa piètre prêtresse. Sans Wrath, je ne vous eus connu, et je suis heureux de constater qu’il se cache de ci de là quelques Purs, ennemis du compromis, de la facilité et de la médiocrité.
    Au plaisir,

  4. Bonjour.
    Bien.
    Je le connais (un peu), le monde de l’édition, ainsi que celui du journalisme.
    Dans les deux, j’ai essuyé des refus et continuerai bien sûr à en essuyer, comme n’importe quel auteur, petit ou grand, nul ou génial.
    Et alors ?
    Ce qui ne m’empêche pas, je crois, de tenter de réfléchir sur ces mondes de plus en plus liés en évitant le si commode : tous pourris.
    Autre chose : que Wrath dénonce toutes les dérives qu’elle veut, ma foi, cela ne me gênera guère.
    Ce que je lui reproche, c’est son amateurisme et la stupidité de sa pseudo-réflexion, car enfin, entre Jourde et Wrath, il y a quelques univers de salutaire distance je crois.
    Vous n’avez pas aimé La Plage de Scheveningen ?
    Lisez Baleine alors (cela vous prendra une heure), puis revenez à Gadenne.
    Si cela ne devait pas fonctionner, eh bien, vous passeriez tout simplement à côté d’un des plus grands romanciers français du siècle passé…
    Cordialement.

  5. Merci du Conseil Stalker, je vais essayer effectivement. Je sors des « boutiques de canelle » de Bruno Schultz, comme quoi on ne peut (fort heureusement) pas tout rater non plus. Dois-je m’étonner de ne pas trouver le pauvre Schultz parmi vos fauves christiques ? Je crois qu’il s’est attaché jusqu’à un certain point à explorer le mal, sa complexité et la diversité de ses manifestations, notamment sur le plan sexuel, via le fétichisme. Personnage plus qu’intéressant, et ce n’est pas non plus chez Wrath qu’on risque d’en parler, cela je le reconnais volontiers.

    Cordialement…

  6. Un des ennemis de Lise Marie Jaillant vient de lui mettre un coup fatal, son fameux manuscrit refusé partout qui est a l’origine de toutes ses diffamations, toute cette haine parce que personne n’a accepté de publier cette daube ?? Enjoy :

    http://lisemariejaillantlemanuscrit.baywords.com/

    • Monsieur,

      Je me fiche pas mal des tentatives littéraires de mademoiselle Jaillant; ce que j’aime sur son blog, ce sont les visiteurs – enfin, quelques-uns…
      Par contre, je ne comprends pas le sens de votre (?) démarche. Pourquoi s’acharner ainsi sur elle? Et puis si Mlle Jaillant avait décidé de rendre public son travail, cela lui aurait été très facile via Wrath. Qui êtes-vous pour le faire à sa place, pour vous en moquer en plus? Perdre autant de temps à démolir quelqu’un, avec une telle méchanceté, me paraît le signe d’un esprit pour le moins troublé.
      Non, vraiment, je ne trouve pas le geste très élégant.

      r1

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