Quel est le point commun entre « Vallauris plage » de Nicolas Rey, « Beau rôle » de Nicolas Fargues et « Remue-ménage » d’Eric Laurrent ?
Ces trois oeuvres de fiction déroulent une histoire banale, sans intérêt ni suspense, autour de personnages oubliables.
Quelle est la différence entre ces romans ?
L’un ressortit à la littérature, les deux autres à l’imposture.
Pas question ici de relancer le débat sur l’Art, l’opposition entre élévation et distraction, superficie et profondeur, culture et divertissement, Dominique A et Christophe Maé. Notons simplement que comme par coïncidence, les deux icônes surmédiatisées d’une jeunesse germanopratine échevelée proposent chacun un roman ennuyeux, vide, creux, quand Eric Laurrent produit un véritable travail d’auteur, stimulant, excitant, jouissif.
Certes, « Remue-ménage » n’est pas exempt de défauts; la préciosité, voire le maniérisme de la langue agacent de temps en temps – j’aime quand un auteur m’oblige à ouvrir le dictionnaire, mais point trop n’en faut ! Pourtant, comment ne pas louer cette manière souvent drôle, parfois brillante de transformer un matériau ordinaire (la rencontre entre un homme et une femme) en pur objet littéraire, tout en donnant envie de tourner la page ? Un tour de force.
A l’inverse, « Vallauris plage » et « Beau rôle » n’ont aucune raison d’être, aucune légitimité, pas même celle de distraire tant l’absence de style, de personnalité, de ton, de sens (de talent ? de travail ?) vous aspire dans une vacuité qui finit par engendrer de la colère.
En général, les exercices de style me fatiguent (n’est-ce pas Olivier Cadiot ?… Impossible de terminer « Un nid pour quoi faire ») et j’attends d’un roman qu’il emporte et m’abstraie. Avec « Remue Ménage », Eric Laurrent est presque arrivé à l’équilibre. Les deux Nicolas n’ont même pas essayé et ont sombré dans l’abîme de la médiocrité.

J’aurai bien aimé en savoir plus sur les livres de deux Nicolas pour voir en quoi ils sont médiocres par rapport à Eric Laurent (même si je suis prête à le croire ^^)… Sinon je ne sais plus quel livre de Rey j’avais feuilleté, mais dans les remerciements, il citait Eric Laurent qui avait corrigé son manuscrit. (De mémoire… c’est à vérifier)
Exact
Mais oui Dahlia, incroyable, après vérification, Eric Laurrent a bien été le correcteur de Nicolas Rey sur « Un début prometteur » !
Par contre, votre question me chagrine un peu, laissant entendre que mon post n’est pas clair… Disons que si la littérature, c’est un ton singulier qui dit l’universel (pour faire court, hein?), aucun des Nicolas n’a de singularité stylistique ni d’universalité dans le propos (entendue comme une propension à toucher les lecteurs par-delà leurs contingences socio-professionnello-culturelles.) En clair : on se fout de ce qu’ils racontent et en plus, ils le racontent mal.