
Comme les plus fidèles d’entre vous le savent bien, je n’ai absolument aucune compétence de critique littéraire. Je livre de temps en temps des avis partiaux et subjectifs, absolument pas motivés puisque seule est prise en compte ma jubilation de lecteur. Celle-ci fut éruptive immergé dans Le Complot des Apparences de Sacha Ramos, de régulières éjections sonores m’échappant au fil des pages, du gloussement ridicule à la quinte d’hilarité en [...]

Cerisier? Prunier? Il n’était pas sûr, le vent le secouait comme pour lui faire cracher le morceau. p 16 Il aurait aimé ne pas craindre de réveiller une carie en croquant la vie à pleines dents. p 30 [...] au nombre des choses qui lui donnaient « envie de mourir », la politique talonnait la techno [...] p 40 Hélas, la pluie ne tombait pas encore et son cœur était lourd – [...]

Il est des constats plus parlants que tous les adjectifs ou adverbes de tous les compte-rendus de lecture : j’ai lu Hors-Jeu, de Bertrand Guillot, dans la journée de jeudi puis Hoffmann à Tôkyô, de Didier da Silva, dans l’après-midi de vendredi. Que j’aie dévoré, avide, ces deux romans, chacun me procurant autant de plaisir que l’autre (mais pas le même plaisir), suffira à prouver éclectisme de mes goûts. Il [...]

Ca commençait très bien, vision décalée, humour tranchant comme un couteau de boucher, c’est nerveux, ça s’emballe, ça se calme; François Beaune nous donne du mou puis brusquement tire sur la corde, il drive, on se laisse faire, il maîtrise. Comme les magiciens à la table: on sait qu’il y a un truc mais on a plaisir à se laisser berner quand le type assure. Et puis on commence à [...]

On peut argumenter à longueur de blogs sur ce qu’est un “bon” roman, les qualités qu’il doit posséder pour ressortir à la Littérature, ce qui fait d’un auteur un écrivain, etc. Ces discussions, si elles sont loin d’être inutiles, au contraire, n’épuisent jamais les mystères de l’art, de la rencontre entre un spectateur ou un lecteur et une œuvre. Car au commencement est le plaisir, l’émotion, le choc, l’entrée en [...]

Alors là, je ne sais pas trop, je suis un peu perdu. C’est que j’ai peut-être l’air, comme ça, d’un analytique mais en fait point du tout, tout est très mal rangé dans mon cerveau, y traînent des bouts d’idées, de théories, les principes sont rangés avec les désirs, une brocante certes plus bobo qu’Emmaüs, études supérieures obligent, mais le foutoir quand même. Alors je ne sais pas trop, je [...]

Une ambition, un regard singulier qui dit l’universel, un style personnel, du souffle : de la littérature, quoi! Certes quelques lourdeurs empèsent le propos, des ellipses frustrantes, du name dropping parfois un peu trop appuyé (en particulier pour un créateur de chaussures…) mais quand même, au final, un régal. Faites tourner.

Quel est le point commun entre « Vallauris plage » de Nicolas Rey, « Beau rôle » de Nicolas Fargues et « Remue-ménage » d’Eric Laurrent ? Ces trois oeuvres de fiction déroulent une histoire banale, sans intérêt ni suspense, autour de personnages oubliables. Quelle est la différence entre ces romans ? L’un ressortit à la littérature, les deux autres à l’imposture. Pas question ici de relancer le débat sur l’Art, l’opposition entre élévation et distraction, [...]

(Photo : Dorothy-Shoes) Jay McInerney La Belle Vie

J’ai déjà abordé sur ces pages le rapport entre ratéité et aigreur, la possible dégénérescence de l’une en l’autre à mesure que s’effiloche aux aspérités des refus l’espoir pour l’auteur raté d’être publié. Désireux de repousser le plus possible un possible virage vinaigre de mon allant littéraire, j’ai acheté voici quelques jours deux ouvrages parus au Diable Vauvert, éditeur qui m’a pourtant refusé deux manuscrits. Point de boycott, donc, j’ai [...]

Carl Aderhold Mort aux cons Jean-Paul Dubois Vous plaisantez, Monsieur Tanner ? Brett Easton Ellis Lunar Park Antoine Bello Les Falsificateurs / Les Eclaireurs Jonathan Littell Les Bienveillantes
D’autres que moi écrivent…
Je parle tellement de moi par ici que j’en oublie de recommander les autres, et pourtant ce n’est pas l’envie qui m’en manque. Philippe Annocque par exemple, dans le Liquide duquel il ne se passe remarquablement rien. Il coule tout seul, dérive, et nous emmène pourtant dans son onde en apparence inoffensive, comme ces mers étales que des panneaux disent dangereuses mais dont on a peine à croire qu’elles cachent [...]